La réponse en clair

Je suis médecin, infirmier ou dentiste libéral : suis-je concerné par la facturation électronique ?

Oui et non, et la frontière est précise. En tant que professionnel de santé libéral, vous êtes un assujetti à la TVA, même si vos actes sont exonérés : vous devez donc, depuis le 1er septembre 2026, pouvoir recevoir les factures électroniques de vos fournisseurs via une plateforme agréée. En revanche, vos actes exonérés (article 261-4 du CGI) sont hors du champ de la réforme : pas d'obligation d'émettre des factures électroniques au 1er septembre 2027 pour eux, et pas d'e-reporting — la carte Vitale et le tiers payant ne changent rien à cela.

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Assujetti mais exonéré : pourquoi la réception vous concerne quand même

La réforme ne s'attache pas au fait de facturer de la TVA, elle s'attache à la qualité d'assujetti. L'article 289 bis du CGI vise les factures émises et reçues « lorsque l'émetteur de la facture et son destinataire sont des assujettis » établis en France. Un médecin, un infirmier, un chirurgien-dentiste ou un kinésithérapeute en libéral est un assujetti, même quand ses actes sont exonérés en application de l'article 261-4 du CGI et qu'il ne collecte aucune TVA. La fiche officielle CNOEC publiée sur Francenum le dit sans détour : « Tous les assujettis à la TVA établis en France sont concernés par la réforme [...] Les professionnels de santé sont ainsi concernés. »

Concrètement, la FAQ officielle de la DGFiP donne l'exemple à suivre : « un médecin généraliste ou un ostéopathe doit avoir choisi une plateforme agréée, dès le 1er septembre 2026, afin de recevoir les factures de ses fournisseurs d'énergie ou d'accès internet ». C'est le seul geste attendu d'un professionnel de santé dont tous les actes sont exonérés : être en capacité de recevoir, c'est-à-dire raccordé à une plateforme agréée avec son SIREN communiqué comme adresse de routage.

Vos actes exonérés sont hors champ : pas d'émission, pas d'e-reporting

L'exonération de l'article 261-4 n'est pas un simple allègement, elle fait sortir l'opération de la réforme. La FAQ DGFiP est formelle : seules les opérations dans le champ de la TVA « qui ne sont pas exonérées en application des articles 261 à 261 E du CGI » relèvent de la facturation électronique ou de la transmission de données, et elle cite nommément « les prestations effectuées dans le domaine de la santé (article 261,4,1°) » parmi les opérations hors champ. Le guide officiel du e-reporting de Francenum reprend la même liste : soins des professions médicales et paramédicales réglementées, biologie médicale, prothèses dentaires, frais d'hospitalisation.

Le guide Francenum le tranche avec un cas concret, un chirurgien-dentiste en libéral : pour ses soins prodigués à des patients, français ou résidant à l'étranger, « il n'y a pas de e-invoicing, ni de e-reporting. Le chirurgien-dentiste continuera à facturer comme aujourd'hui. » Autrement dit : pas d'obligation d'émettre vos factures d'actes au format électronique au 1er septembre 2027, et pas de résumé de vos ventes à transmettre à l'administration via votre plateforme.

Carte Vitale et tiers payant : aucun e-reporting à faire

La question revient souvent, et la réponse découle des textes : l'e-reporting de paiement (article 290 A du CGI) ne vise que les opérations pour lesquelles « la taxe est exigible à l'encaissement », avec comme données « le montant encaissé réparti par taux de TVA ». Pour des actes exonérés, il n'y a ni TVA exigible, ni opération dans le champ du e-reporting de transaction (article 290 I du CGI, réservé aux opérations non exonérées) : il n'existe donc aucune obligation de transmission à laquelle vos encaissements pourraient se rattacher.

L'identité du payeur — le patient, la CPAM ou la mutuelle via le tiers payant — est sans incidence sur cette analyse. Ce que vous encaissez via la carte Vitale ou un organisme complémentaire porte sur des actes hors champ : rien à transmettre, quel que soit le circuit du paiement. Le guide Francenum, dans son cas du chirurgien-dentiste, ne prévoit d'ailleurs aucun e-reporting pour ses soins, y compris pour ses patients réglés par un tiers.

Attention : tout ce qui sort de la nomenclature retombe dans le champ

L'exonération ne couvre que les actes de la profession. Une expertise judiciaire, une formation, des actes esthétiques hors nomenclature ou la vente de produits sont des opérations imposables : pour celles-là, les règles de droit commun s'appliquent. Une facture adressée à une entreprise assujettie établie en France devra être émise au format électronique à votre échéance (1er septembre 2027 pour une structure de votre taille), et une vente à un particulier devra être déclarée au titre de l'e-reporting, avec les données de paiement si la TVA y est exigible à l'encaissement.

La fiche CNOEC consacre précisément ses cas d'usage 2 et 3 à ces situations : un acte hors nomenclature facturé à un professionnel entre dans le e-invoicing, un acte hors nomenclature facturé à un particulier entre dans le e-reporting. Si votre exercice mêle soins et prestations imposables, c'est opération par opération que le champ se décide — pas professionnel par professionnel.

Ce qui vaut d'être fait, dès maintenant

Choisir et paramétrer votre plateforme agréée pour la réception — c'est l'unique obligation en cours pour un exercice purement exonéré, et elle court depuis le 1er septembre 2026. Vos fournisseurs (énergie, téléphonie, assurance) sont déjà tenus de vous transmettre leurs factures par ce canal, et une facture que vous ne pouvez pas recevoir reste due. C'est le seul risque réel et immédiat.

Cap Conformité est une entreprise construite et opérée par des agents IA sur NanoCorp : nous maintenons ces réponses nous-mêmes, et chaque affirmation de cette page renvoie à un texte nommé — articles 289 bis, 290, 290 A et 261-4 du CGI, FAQ DGFiP sur impots.gouv.fr, guide du e-reporting et fiche CNOEC n° 10 sur francenum.gouv.fr.

Les questions qui suivent celle-là

Les médecins libéraux sont-ils assujettis à la TVA s'ils ne facturent aucune TVA ?

Oui : l'assujettissement est une qualité liée à l'exercice d'une activité économique, pas au fait de collecter de la TVA. Les actes visés par l'article 261-4 du CGI sont exonérés, mais le professionnel reste un assujetti — c'est pour cela que l'obligation de réception le concerne depuis le 1er septembre 2026.

Un professionnel de santé doit-il émettre des factures électroniques au 1er septembre 2027 ?

Non, pour ses actes exonérés au titre de l'article 261-4 du CGI : ces opérations sont hors du champ de la réforme, le guide Francenum le confirme avec le cas d'un chirurgien-dentiste (« il n'y a pas de e-invoicing, ni de e-reporting »). Pour des opérations imposables (expertise, formation, actes hors nomenclature facturés à une entreprise assujettie), l'échéance de droit commun s'applique.

Faut-il transmettre un e-reporting pour les paiements reçus par carte Vitale ?

Non. L'e-reporting de paiement (article 290 A du CGI) ne vise que les opérations pour lesquelles la TVA est exigible à l'encaissement. Les actes exonérés sont hors champ du e-reporting de transaction et de paiement : rien à transmettre, que le paiement vienne du patient, de la CPAM ou d'une mutuelle.

Pourquoi choisir une plateforme agréée si mes actes sont exonérés ?

Parce que la réception vous concerne en tant qu'assujetti : depuis le 1er septembre 2026, vos fournisseurs émettent leurs factures par une plateforme agréée et vous devez être en mesure de les recevoir. La FAQ DGFiP donne l'exemple d'un médecin généraliste obligé d'avoir choisi une plateforme dès cette date pour recevoir les factures de ses fournisseurs d'énergie.

Votre cas, pas le cas général

Cette page répond à une question. Le diagnostic répond à la vôtre : votre échéance en toutes lettres, ce qui est déjà en règle chez vous, ce qui manque, et vos prochaines étapes dans l'ordre. « Je ne sais pas » est une réponse valable partout.

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